Face à l’explosion de la violence juvénile, Christian Flavigny, pédopsychiatre, qui publie La France écartelée (Téqui, 2026), dénonce la déconstruction du rôle paternel. Privés de repères symboliques et de lien filial régulateur, les garçons s’égarent dans une force sans cadre.
La violence des jeunes garçons stupéfie et inquiète. Encore faut-il en comprendre la source, et plus encore ce qui l’entretient – voire la favorise – dans l’évolution de notre vie de société. La force physique est ce qui semble l’atout masculin dans le processus de la vie, en contraste avec le charme que l’on dirait l’atout féminin. Mais les atouts de chacun des sexes ont besoin de se réguler, pour être profitables à la relation à autrui ; cette régulation, le garçon l’expérimente dans la relation au père : le fameux meurtre du père, qui tempère son impatience en la symbolisant : « Tu dégages, je veux ta place », est métamorphosé depuis la perspective tracée par le père : « Plus tard, tu seras père de tes enfants comme je le suis aujourd’hui pour toi, et je serai leur grand-père ».